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Valeur diagnostique du volume plaquettaire moyen dans l’amygdalite

Les complications des amygdalites aiguës, des abcès péri-amygdaliens ne sont pas toujours faciles à diagnostiquer. Le volume plaquettaire moyen (VPM) pourrait être d’une aide utile.

L’amygdalite aiguë est fréquente au sein des infections de l’oropharynx. Dans certains cas, son aggravation aboutit à la formation d’abcès péri-amygdaliens dont le diagnostic bien que clinique ut s’avérer difficile : en effet, l’œdème régional n’est pas toujours attribué à cette étiologie et la recherche de nouveaux critères diagnostics reste d’actualité. Le volume plaquettaire moyen a été évalué dans divers syndromes inflammatoires ou infectieux, connus pour favoriser l’activation des plaquettes. L’augmentation du VPM a été observée à la phase initiale d’une infection, comme dans les abcès péri-amygdaliens, complication de certaines amygdalites, comme le suggèrent les résultats d’une étude cas-témoins de 2016.

Quelles relations entre amygdalite aiguë compliquée ou non d’abcès et le VPM ?

Quelles sont les relations entre amygdalite et VPM ? Cette étude a avait pour objectif de déterminer l’intérêt diagnostic du VPM dans l'amygdalite avec ou sans abcès. Il s’agit d’une étude rétrospective cas témoin réalisée entre mai 2011 et septembre 2016. Au cours de cette période, le diagnostic d’amygdalite sévère a été posé chez 31 patients, devant un tableau clinique associant érythème et/ou œdème amygdalien, et retentissement fonctionnel marqué interférant avec les activités de la vie quotidienne. Un scanner a été réalisé chez 30 patients pour détecter d’éventuels abcès, confirmés par aspiration ou incision/drainage dans 14 cas, ce qui a conduit à constituer deux groupes (« avec » ou « sans abcès »). Les données démographiques, dont l’âge et le sexe, ont été recueillies, ainsi que les antécédents médicaux.
Un groupe de 62 témoins indemnes de toute infection de l’oropharynx a été constitué.
Les données de laboratoire, dont VPM, ont été analysées rétrospectivement.

Un volume plus faible en cas d’abcès péri-amygdalien

La comparaison intergroupes a révélé que le VPM était plus bas dans le groupe « amygdalites » que pour le groupe « témoins », soit 7,8 ± 0,7 % versus 8,7 ± 0,6 %; p <0,0001).>
De plus, il était aussi significativement plus bas dans la population avec abcès, soit 7,5 ± 0,6 % que dans la population sans abcès (8,0 ± 0,7 % ; p=0,0277).
La leucocytose et les taux plasmatiques de CRP étaient similaires dans ces deux derniers sous-groupes. La valeur-seuil du VPM retenue pour évoquer le diagnostic d’amygdalite a été estimée à 7,95 femtolitres (fl) et 7,75 fl pour l’abcès péri-amygdalien, d’après l’analyse de la courbe ROC (receiver operating characteristic curve) : pour ces valeurs, la sensibilité et la spécificité ont été respectivement de 86 % et 69 %.

Il faut noter que les résultats de cette étude ne correspondent pas à ceux rapportés par une étude similaire antérieure. Ces différences sont probablement une différence méthodologique.

Au total, ces résultats plaident en faveur d’une relation entre la baisse du VPM, d’une part, l’aggravation et la sévérité des amygdalites aiguës, d’autre part. Cette information simple pourrait avoir un certain intérêt diagnostic, dès lors que d’autres études portant sur des effectifs plus importants et des populations plus diversifiées viendront étayer ces résultats.


Dr Philippe Tellier

Nakao Y et coll. Diagnostic role of mean platelet volume in tonsillitis with and without peritonsillar abscess. J Laryngol Otol. 2018 ; 132 : 615-618.

7000023083-11/2018


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