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Pneumonie à pneumocoque : conséquences biologiques et pronostiques d'une bactériémie

Avant l’ère antibiotique, 95 % des pneumonies communautaires étaient dues à Streptococcus pneumoniae. Depuis, la vaccination et la baisse du tabagisme ont diminué la fréquence des pneumonies à pneumocoque, mais S. pneumoniae est toujours une cause majeure de pneumonie, environ 20 % des cas comportant une bactériémie.

A cet égard, la cohorte internationale CAPO (Community Acquired Pneumonia Organization) a permis de mieux comprendre l’épidémiologie des pneumonies à pneumocoques avec ou sans bactériémie, ainsi que d’étudier la réponse inflammatoire. La deuxième analyse de CAPO a en effet eu pour objectif de comparer le délai avant stabilisation clinique, la durée du séjour hospitalier et la mortalité hospitalière chez les patients hospitalisés pour une pneumonie communautaire à pneumocoques. Elle s’est aussi intéressée à la réponse inflammatoire dans un sous-groupe de 10 patients, 4 d’entre eux ayant une bactériémie.

Des taux plus élevés de cytokines pro et anti-inflammatoires

Au total, 833 malades hospitalisés, parmi lesquels 394 (47 %) avaient une bactériémie, ont été étudiés. Il a ainsi pu être constaté que les patients ayant une bactériémie avaient moins de chance d’atteindre une stabilité clinique (hazard ratio ajusté [AHR]=0,82 ;intervalle de confiance à 95 % [IC95] :0,69-0,97 ; p=0,02), une mortalité hospitalière plus élevée (AHR=1,63 ;IC95 :1,06-2,50, p=0,026), et une durée d’hospitalisation plus longue (p<0,003).

L’analyse pilote menée sur la réponse inflammatoire a par ailleurs montré que les patients bactériémiques avaient des taux plus élevés de protéine C-réactive (CRP), de procalcitonine (PCT) et de peptide natriurétique de type B (BNP). De même, ces malades avaient des taux plus importants de cytokines pro- et anti-inflammatoires : tumor necrosis factor (TNF)- alpha, interleukine (IL)-1ra, IL6, IL8, IL10. Les taux d’interféron gamma et de IL17 étaient également supérieurs en cas de bactériémie. En revanche, la réponse des neutrophiles était similaire dans les deux groupes.

A cet égard, les auteurs notent que les plus grands écarts ont été constatés avec l’IL6, qui est connue pour induire la synthèse de CRP par le foie. Quant à l’IL17, il a été montré son rôle important dans l’immunité innée, ainsi que dans le développement d’une immunité acquise à S. pneumoniae.

J.M. Bordon et coll. concluent, en premier lieu, que l’existence d’une bactériémie à pneumocoque devrait constituer, en elle-même, une indication à une prise en charge plus intensive des malades hospitalisés pour une pneumonie, dans la mesure où tous les paramètres évolutifs apparaissent moins bons.

Les taux de cytokines et de biomarqueurs pourraient également avoir une valeur prédictive, et être utiles pour le suivi des malades, mais d’autres études sont bien sûr nécessaires pour confirmer ces données préliminaires, et aussi pour mieux saisir la dynamique de ces différents paramètres.


Dr Patricia Thelliez

Bordon JM et coll.: Bacteremic pneumococcal pneumonia: clinical outcomes and preliminary results of inflammatory response. Infection 2015; (doi: 10.1007/s15010-015-0837-z).

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