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Oncologie: Résistances bactériennes et efficacité de l’antibioprophylaxie

En 2011, aux Etats-Unis, 157 500 infections sur site opératoire ont été recensées conduisant à un taux de mortalité de 2 à 11 fois plus élevé qu’en l’absence d'infection du site opératoire. Le Centers for disease control and prévention (CDC) américain estime, par ailleurs que parmi les 650 000 malades recevant une chimiothérapie cancéreuse chaque année, environ 10 % contractent une infection nécessitant une consultation hospitalière.

Ces constats ont poussé A. Teillant et coll. à mener une étude pour essayer d’évaluer l’impact des résistances antibiotiques sur l’efficacité de l’antibioprophylaxie administrée dans le cadre d’une intervention chirurgicale ou d’une chimiothérapie anticancéreuse. Ils ont effectué deux recherches dans la littérature. L’une afin d’identifier, parmi les études publiées entre 1950 et mai 2015, celles ayant exploré l’efficacité de la prophylaxie antibiotique et l’autre concernant les publications effectuées entre 1990 et mai 2015 et ayant trait aux conséquences des résistances bactériennes. Dans les deux cas, les situations pathologiques choisies ont été la chimiothérapie pour cancer et les 10 interventions chirurgicales les plus fréquentes aux Etats-Unis pour lesquelles le bénéfice d’une prévention antibiotique est bien établi : césarienne, biopsies transrectales de la prostate, chirurgie vertébrale, avortement, hystérectomie, pose de pacemaker, mise en place d’une prothèse totale de hanche, appendicectomie, chirurgie colorectale, intervention sur fracture de hanche. De plus, les études choisies étaient, soit des méta-analyses, soit des revues d’études randomisées contrôlées ou semi-randomisées.

En dehors des biopsies de la prostate, pour lesquelles il existe des données montrant une corrélation entre les taux de résistance dans les cultures rectales et ceux des infections du site opératoire, les autres situations ont été moins précisément étudiées ou bien les résultats étaient partiels ou bien controversés. Dans ces cas, les auteurs ont donc réalisé des estimations en fonction du degré de la perte d’efficacité de la prophylaxie liée aux résistances bactériennes. Leurs résultats sont éloquents.

Des bactéries résistantes aux antibiothérapies préventives

En premier lieu, de 38,7 % à 50,9 % des agents microbiens en cause dans les infections sur site opératoire et 26,8 % des micro-organismes à l’origine d’infections liées à une chimiothérapie sont résistants aux antibiothérapies préventives standard, aux Etats-Unis.
Une diminution de 30 % de l’efficacité de l’antibioprophylaxie conduirait, chaque année, à 120 000 infections supplémentaires sur site opératoire ou après chimiothérapie, les chiffres étant de 40 000 en cas de réduction de l’efficacité de 10 % et de 280 000 si la diminution était de 70 %. De la même façon, la hausse de la mortalité annuelle liée à ces infections serait de 6 367 (de 2 100 à 15 000). L’estimation concernant les biopsies de prostates est plus précise : 132 120 infections (42 %) post-opératoires apparaissent attribuables à une résistance aux fluoroquinolones aux Etats-Unis.

Ces résultats (avec toutes les réserves habituellement émises lorsqu’il s’agit d’estimations à partir d’un matériel hétérogène) suggèrent ainsi que les résistances bactériennes menacent aujourd’hui l’efficacité de l’antibioprophylaxie dans de nombreuses situations et qu’elles compliquent le choix des antibiotiques, la résistance pouvant être parfois provoquée par l’administration du traitement préventif. En particulier, il n’existe pas de données suffisantes pour encourager ou, au contraire, freiner le recours à des protocoles à large spectre. Dans ce cadre, de nouvelles stratégies plus ciblées ont été proposées : par exemple, un prélèvement nasal à la recherche de staphylocoque doré résistant à la méticilline avant pose de pacemaker, et une antibiothérapie ciblée sur les résultats de la culture de prélèvement rectal avant biopsie prostatique.

Quoi qu’il en soit des recommandations nationales et internationales dans ce domaine apparaissent plus que nécessaires, de même que le développement de nouveaux agents antibiotiques.


Dr Patricia Thelliez

Teillant A. et coll. Potential burden of antibiotic resistance on surgery and cancer chemotherapy antibiotic prophylaxis in the USA: a literature review and modelling study. Lancet Infect Dis. 2015; (doi: 10.1016/S1473-3099(15)00270-4.)

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