www.agir-thrombose.fr
www.ambulatoire-sanofi.fr
www.ams.sanofi.fr
www.antibio-responsable.fr
www.aucoeurducholesterol.fr
www.contreladouleur.fr
www.diabplus-equilibre.fr
www.diabeteanalytics.fr
www.diabete-emotions.fr
www.gaucherfrance.fr
prevenirlesadherences.com
www.retrouverlemouvement.fr
www.sanofi-arthrose.fr
www.sanofi-diabete.fr
www.sep-ensemble.fr
www.thromboseval.fr
nosmedicaments.sanofi.fr
www.labsante.sanofi.fr
www.lesvictoiresduprive.fr
www.sanofi.fr
www.sanofigenzyme.fr
Taille des textes

Une nouvelle espèce de Borrelia pour la maladie de Lyme

Entre le 1er janvier 2003 et le 30 septembre 2014, plus de 100 000 échantillons ont été adressés à la Mayo Clinic pour une recherche par PCR (polymerase chain action) du gène oppA1 de Borrelia burgdorferi lato sensu, agent de la maladie de Lyme.
Alors que jusqu’en 2012, aucun résultat atypique n’avait été enregistré, il a été retrouvé depuis cette date 6 échantillons (5 sanguins et 1 de liquide synovial) très particuliers parmi 102 positifs à Borrelia burgdorferi lato sensu. En effet, le nombre de copies de oppA1 y était 180 plus important que celui constaté dans 13 cas « classiques » d’infection à B. burgdorferi au cours de la même période. Par ailleurs, 5 des 6 malades concernés avaient des signes cliniques très atypiques par rapport à ceux de la maladie de Lyme « standard » : au moins 2 présentaient des rashs cutanés diffus bien différents de l’érythème migrant classique ; 4 ont eu des nausées et des vomissements et 2 une fièvre à plus de 39°C ; 3 ont eu des signes suggérant une atteinte neurologique (propos confus, somnolence, troubles visuels) et 2 ont dû être hospitalisés. Enfin, des spirochètes mobiles ont été identifiés dans les échantillons plasmatiques d’un des six malades et dans les hémocultures de deux patients. Or dans la borréliose de Lyme, la présence de spirochètes dans le sang est habituellement très rare.

Le séquençage multigénique a confirmé qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce de Borrelia burgdorferi lato sensu, qui a donc été nommée en l’honneur de la Mayo clinic, Borrelia mayonii. Cette dernière a aussi été détectée dans 19 tiques sur 658, ce qui indique que Ixodes scapularis est à la fois le vecteur de B burgdorferi et de B mayonii.

Pour mémoire, presque toutes les infections humaines sont dues à trois Borrelia burgdorferi lato sensu : B. garinii, pourvoyeuse d’effets neurologiques, B afzelii, associée à l’acrodermatite chronique atrophiante ; et B. burgdorferi stricto sensu, volontiers responsable d’atteintes articulaires. Cependant, aux Etats-Unis, seule B. burgdorferi stricto sensu était jusqu’à maintenant impliquée dans la maladie de Lyme.

Aujourd’hui, il faut donc vraisemblablement compter avec une autre espèce, caractérisée par une spirochétémie élevée et des signes cliniques atypiques pouvant faire égarer le diagnostic et ainsi retarder le traitement. De plus, la découverte de la Mayo Clinic a été permise par l’utilisation d’une real-time PCR ciblant le gène oppA1 avec analyse des températures de fusion, alors que d’autres types de PCR, plus ciblées, peuvent passer à côté du diagnostic. L’alerte est donc lancée, avec, à la clé, une surveillance particulière de ce pathogène émergent.


Dr Patricia Thelliez

Pritt BS et coll. : Identification of a novel pathogenic Borrelia species causing Lyme borreliosis with unusually high spirochaetaemia: a descriptive study. Lancet Infect Dis., 2016 ; publication avancée en ligne le 5 février. doi: 10.1016/S1473-3099(15)00464-8.
Wilhelmsson P et coll. Detection of a novel Lyme borreliosis pathogen. Lancet Infect Dis., 2016 ; doi: 10.1016/S1473-3099(15)00483-1.

© jim.fr