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Une étude prospective sur les modalités de contact entre mères et jeunes nourrissons

CONTEXTE :

Les modèles utilisés dans la représentation des maladies infectieuses ont de plus en plus recours à des données empiriques pour quantifier le nombre de contacts potentiellement infectant entre divers groupes d’âges. De fait, les données recueillies sur les modalités de ces contacts au sein de nombreuses populations ne cessent de s’accumuler, mais force est de reconnaître que les contacts sociaux des nourrissons n’ont guère suscité d’attention. L’étude de PT Campbell et coll, a consisté à collecter des informations sur les contacts des personnes assurant la garde de jeunes nourrissons. Elle a également précisé leur rôle en tant que variable potentiellement représentative des contacts impliquant ces derniers.

METHODES :

Le recrutement des principaux intervenants dans la garde de nourrissons âgés de moins d’un an s’est effectué dans deux aires géographiques, démographiques et socio-économiques distinctes, situées dans la région administrative de Melbourne (Australie), respectivement Boroondara et Hume. L’échantillon ainsi constitué a inclus un sous-groupe de participants de langue turque. Tous les sujets sélectionnés ont enregistré leurs contacts personnels dans un agenda en papier, en précisant si l’enfant était présent ou absent lors de ceux-ci. Les informations recueillies ont notamment inclus les temps de présence par adresse, la description détaillée des lieux et des personnes en contact. Les mesures descriptives ont été synthétisées et la distribution des contacts déterminée en fonction du type de lieu, de leur intensité, de leur fréquence et modalités quotidiennes, ainsi que de l’âge des participants.

RESULTATS :

Sur les 226 participants, 220 ont rempli et retourné l’agenda en question. Les modes de contacts se sont révélés similaires dans tous les groupes d’âge pour ce qui est du type de lieu, de leur intensité et de leur fréquence quotidienne, à l’exception de quelques variations dans le nombre des contacts quotidiens uniques. L’enfant était présent dans environ 85 % des endroits où le soignant principal était en contact avec d’autres individus et dans ce cas de figure, la majorité des contacts s’est effectuée au domicile-même (32 %), dans les magasins et lieux d’hébergement (18 %) ou encore les transports (18 %). Le nombre moyen de contacts quotidiens uniques des nourrissons a été estimé à 9,1 à Boroondara versus 8,7 (Hume, groupe anglophone) et 6,5 (Hume, groupe turcophone). La distribution des âges était similaire dans tous les groupes étudiés.

CONCLUSIONS :

Cette étude démontre que les modes de contacts des mères avec leurs jeunes nourrissons sont in fine peu influencés par les différences socio-économiques et culturelles. Il s’agit là d’une étape importante dans la modélisation de la transmission des maladies infectieuses. Etant donné que ces jeunes enfants passent la plupart de leur temps en compagnie de leur mère, les contacts de cette dernière constituent un indicateur indirect qui apparaît utile à cette modélisation. La distribution des contacts des jeunes nourrissons en fonction de l’âge, telle qu’elle est estimée dans cette étude, peut être mise à profit pour compléter les informations couramment utilisées dans les études de population et améliorer ainsi les modèles représentatifs de la transmission des maladies infectieuses.


Dr Philippe Tellier 

Campbell PT et coll. Who's holding the baby? A prospective diary study of the contact patterns of mothers with an infant.
BMC Infect Dis 2017 ; 17 : 634.

7000019176-05/2018

 


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