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Infections nosocomiales en unité de soins intensifs : qui sont les coupables ?

Dans les unités de soins intensifs (USI), les infections nosocomiales sont trop fréquentes. Bactériémies, pneumopathies, infections urinaires en sont des manifestations, au même titre que l’atteinte microbienne des tissus mous ou des plans cutanés. De nombreux facteurs et acteurs sont potentiellement en cause, par le biais des procédures médicales invasives qui s’imposent chez des patients le plus souvent dans un état grave ou critique. Le portage bactérien par les mains du personnel médical et paramédical est une source majeure d’infections nosocomiales, mais la contamination de l’environnement par les germes les plus divers est tout aussi importante. Les acteurs en cause sont ainsi tributaires de facteurs externes et il est opportun de faire la part des choses, dans le but de prévenir le plus efficacement possibles ces infections qui sont une cause majeure de morbi-mortalité en USI.

Les souches bactériennes contaminant les malades proviennent, en partie, de nombreux réservoirs formés par le matériel de réanimation et tout son environnement. Si la plupart des bacilles Gram négatif ne résistent pas aux désinfectants courants, a fortiori sur des surfaces sèches, certaines bactéries n’en ont cure, notamment Pseudomonas aeruginosa et Acinetobacter baumanii qui sont souvent impliquées dans des infections nosocomiales sévères. Certaines bactéries pathogènes, telles les entérocoques ou les staphylocoques dorés, peuvent en outre être multi-résistantes aux antibiotiques les plus puissants ou les plus éprouvés.

Une étude réalisée au sein de six USI des hôpitaux de Téhéran illustre le propos.

Le but de cette étude était d'étudier la fréquence de portage et des résistances des principaux agents bactériens responsables d'infections nosocomiales sur les mains des personnels de santé et les environnements de soins intensifs dans six USI à Téhéran.

La fréquence et le type des contaminations bactériennes ont été déterminés à partir d’écouvillonnages portant sur les mains du personnel affecté à ces services (n=762) ou des réservoirs environnementaux (n=605). L’identification des germes a été réalisée selon les protocoles biochimiques standards et leur antibiogramme établi après leur mise en culture conformément aux bonnes pratiques de laboratoire. L’homologie des résistances aux antibiotiques dans les divers prélèvements a été déterminée à l’aide de logiciels validés.

Sur les mains du personnel, mais aussi dans l’environnement

Les bactéries les plus fréquemment rencontrées sur les mains du personnel et les écouvillons provenant de l’environnement ont été :

  • (1) Acinetobacter baumannii (respectivement 1,4 % et 16,5 %) ;
  • (2) Staphylococcus aureus (5,9 % et 8,1 %) ;
  • (3) S. epidermidis (20,9 % et 18,7 %) ;
  • (4) Enterococcus spp (species pluralis) (1 % et 1,3 %)

En termes de germes résistants les résultats ont été respectivement :

  • (1) A. baumannii (94 % et 54,5 %) ;
  • (2) S. aureus (59,6 % et 67,3 %) ;
  • (3) Enterococcus spp (0 % et 25 %)

Une homologie significative a été détectée pour deux germes isolés à partir de divers prélèvements sur les deux sources, en l’occurrence S. aureus et Enterococcus spp.

Les contaminations bactériennes multiples étaient estimées à 11%, et les sites les plus fréquemment contaminés étaient les masques à oxygène, les respirateurs et les draps de lit. Au sein du personnel, les aides-soignant(e)s et les hommes ou femmes de ménage étaient, de loin, les acteurs les plus à même de jouer le rôle de vecteurs.

Cette étude met clairement en scène les principaux acteurs et facteurs de contamination qui interviennent dans la genèse des infections nosocomiales au sein des USI. Elle souligne l’intérêt des enquêtes bactériologiques portant sur les mains des porteurs de germes et toutes les sources de contamination potentielles qui abondent dans de tels services. C’est à ce prix que la prévention des infections nosocomiales peut être optimisée.


Dr Philippe Tellier

Tajeddin E et coll. : The role of the intensive care unit environment and health-care workers in the transmission of bacteria associated with hospital acquired infections. J Inf Public Health, 2016 ; 9 :13-23.

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