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Estimations de la prévalence nationale des infections à Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae aux Pays-Bas.

Cette étude a permis de déterminer la prévalence des infections à C. trachomatis et à N. gonorrhoeae et de fournir des données épidémiologiques sur la survenue, le contrôle de ces infections et les facteurs de risque associés.

Les infections à C. trachomatis et à N. gonorrhoeae sont souvent asymptomatiques et exposent à des complications à court et à long terme. L’émergence de gonocoques résistants aux antibiotiques est préoccupante.

De nombreux pays ont mené des études épidémiologiques mais elles sont rarement répétées. Le Royaume-Uni et les États-Unis font exception et leurs données sont précieuses afin d’identifier les sujets à haut risque et l’évaluation des mesures prophylactiques.

Aux Pays-Bas, les infections à chlamydia et les gonorrhées font l’objet d’une surveillance par des centres spécialisés dans les IST et par un réseau national de recueil de données en médecine générale. Cette méthodologie à deux défauts : absence de classification explicite pour le diagnostic d’infection à chlamydia et repose sur des cas déclarés, ne permettant pas une estimation des IST asymptomatiques et de leurs facteurs de risque.
Aux Pays-Bas, il n’y a pas d’études transversales évaluant la prévalence des gonorrhées. Les chlamydias sont mieux connues, mais sur données locale ou des programmes de dépistage ou d’enquêtes avec des taux de participation faibles.

L'objectif était d’estimer la prévalence des infections à N. gonorrhoeae et C. trachomatis chez des adultes âgés de 18 à 34 ans et d’étudier les facteurs de risque associés à ces infections. Cette étude de prévalence faisait partie d’une étude plus vaste (Sexual Health in the Netherlands) réalisée sur un échantillon aléatoire.

Après un questionnaire en ligne sur leur «santé sexuelle». Les participants âgés de 18 à 34 ans ayant déclaré un partenaire sexuel, ont été invités à participer à l’enquête de prévalence. Ces participants pouvaient obtenir un kit de prélèvement à domicile. La recherche de C. trachomatis et de N. gonorrhoeae a été faite au moyen d’un test spécifique du type NAAT (nucleic acid amplification test).

Des analyses par régression logistique ont permis de déterminer les variables prédictives d’IST. Le taux de participation a été faible : Sur les 17 222 sujets contactés, 26% (n=4 447) a accepté de répondre au questionnaire. 3 255 ont été éligibles pour l’estimation de la prévalence. Les prélèvements n’ont été recueillis que chez 550 sujets (17 %).

La participation à l’enquête a été associée à l’âge (> 20 ans) et aux facteurs de risque classiques d’IST. Aucun cas de gonorrhée n’a été détecté.

La prévalence d’infections à chlamydia, a été estimée à 2,8 % (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,5 % à 5,2 %). Chez les hommes, elle était de 1,1 % (IC : 0,1 % à 7,2 %) vs 5,6 % (3,3 % à 9,5 %) chez la femme. Les facteurs de risque d’infections à chlamydia étaient : niveau d’éducation faible ou moyen, premier rapport >16 ans, absence de relation avec le partenaire sexuel le plus récent.

Au sein de la population générale, la prévalence des infections à chlamydia et des gonorrhées aux Pays-Bas apparaît donc faible.

Pour les auteurs, cette enquête devrait être répétée de façon à analyser les évolutions épidémiologiques et évaluer les mesures de contrôle.


Dr Philippe Tellier

Heijne JCM et coll. National prevalence estimates of chlamydia and gonorrhoea in the Netherlands. Sex Transm Infect. 2018. en ligne le 20 juin. doi: 10.1136/sextrans-2017-053478

7000023085-11/2018


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