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Etude prospective suèdoise sur l'érysipèle

Erysipèle des interrogations

L’érysipèle est une pathologie infectieuse connue de longue date, mais dont les mécanismes sont curieusement toujours mal précisés et la prise en charge volontiers empirique. Le terme lui-même est employé, tantôt devant une réaction du derme superficiel, tantôt pour décrire une atteinte plus profonde telle une cellulite, impliquant le derme et la graisse sous-cutanée. Si le diagnostic microbiologique est rarement possible, la plupart des experts s’accordent pour dire que l’agent pathogène en cause est un streptocoque bêta-hémolytique (SBH). L’apport de la sérologie reste controversé et les bactériémies sont rares, expliquant que les hémocultures ne sont en principe pas recommandées dans les formes non compliquées. En outre, la plupart des essais menés ont été de petites études prospectives.

Plus de 1000 épisodes à la loupe

Ces lacunes ont dont conduit une équipe d’infectiologues suédois à mettre en place une large étude rétrospective de patients traités par leur service entre 2007 et 2013, pour moitié en ambulatoire. Les données ont été recueillies à partir de 1 142 épisodes d’érysipèle survenus chez 981 patients, d’âge moyen 61 ans, ayant, le plus souvent, une affection sous-jacente ou des facteurs de prédisposition. Dans 66 % des cas, il s’agissait d’une atteinte du membre inférieur. Des cultures effectuées à partir des lésions ont été faites au cours de 343 épisodes : 56 ont mis en évidence un streptocoque du groupe A (SGA), 53 un streptocoque du groupe G (SGG), 11 un streptocoque du groupe C (SGC) et 153 un staphylocoque doré. Quant aux hémocultures, elles ont quand même été réalisées dans près de la moitié des épisodes : 50 étaient positives, 21 fois à un SGG, 13 fois à un SGA, 5 fois à un SGB, 4 fois à S. aureus et un SGC a poussé dans 3 cultures. Dans 45 % des cas, les patients ont reçu un traitement antibiotique ayant une activité dirigée contre S. aureus.

Quel rôle pour le staphylocoque ?

Par rapport aux travaux antérieurs, la principale différence mise en lumière par A. Bläckberg et coll. a trait à la répartition des différents germes. Ainsi, le SGG a été le streptocoque bêta-hémolytique le plus fréquemment isolé dans le sang et, dans ce cas, il s’agissait de Steptococcus dysgalactiae dont la sous-espèce equisimilis (SDSE) est la seule à être connue pour avoir un rôle pathogène chez l’être humain. Le même constat a été fait avec le SGC. Il apparaît donc que le SDSE est un agent pathogène fréquent au cours de l’érysipèle, d’autres auteurs ayant rapporté parallèlement un accroissement des infections graves à SDSE. De plus le SGC et le SGG ont davantage tendance à provoquer des infections récurrentes, ce qui doit être pris en compte lors de la décision d’entreprendre une prophylaxie secondaire, ce qui a été le cas pour 25 patients de l’étude. Une autre donnée est que le SGG était, plus souvent que le SGA, trouvé en même temps que S. aureus dans les cultures des lésions cutanées. Peut-être parce que le SGG a plus tendance à infecter un sujet qui a déjà une lésion préexistante colonisée par un staphylocoque doré, mais cette hypothèse demande encore confirmation.

Le rôle exact de S. aureus est d’ailleurs, dans l’ensemble, encore mal connu, sachant qu’il provoque très peu de bactériémies au cours de l’érysipèle. Quoi qu’il en soit, la plupart des malades ont reçu un traitement antistaphylococcique et ce pendant une dizaine de jours (contre les 5 jours du traitement standard) : il est donc possible que beaucoup de patients reçoivent inutilement une antibiothérapie à large spectre. L’érysipèle est donc toujours en manque de procédures diagnostiques plus efficaces et d’une meilleure stratégie de traitement. Une affaire à suivre…


Dr Patricia Thelliez

Bläckberg A. et coll. Erysipelas, a large retrospective study of aetiology and clinical presentation. BMC Infect Dis. 2015 Sep 30;15(1):402. (doi: 10.1186/s12879-015-1134-2).

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