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Nouvelle méthode de diagnostique des infections sévères : PCR/SM et conséquences thérapeutiques

Du nouveau dans le diagnostic des infections sévères

Particulièrement en réanimation, l’identification précoce des micro-organismes responsables d'une infection sévère est cruciale. Cependant, les techniques classiques de microbiologie (isolement puis mise en culture) sont des processus lents. Dans l’attente des résultats, le clinicien est alors souvent conduit à instaurer une antibiothérapie à large spectre afin d’assurer la couverture de tous les agents infectieux présumés. Cette démarche expose aux risques de toxicité et de sélection de bactéries multirésistantes.


PCR associée à la spectrométrie : résultats en 6 heures

Des techniques innovantes de diagnostic moléculaire, qui ne dépendent pas de la croissance des organismes en culture, se développent actuellement. La plupart de ces méthodes se basent sur les techniques d’amplification. La technique de PCR (polymerase chain reaction) associée à la spectrométrie de masse à ionisation (PCR/SM) permet de détecter les bactéries pathogènes sur un échantillon de sang en seulement 6 heures. Elle peut également identifier trois classes de marqueurs de résistance aux antibiotiques. Une première étude sur ce nouvel outil de diagnostic avait mis en évidence une sensibilité de 83 % et une spécificité de 94 % au cours des septicémies par rapport aux examens de routine. Les auteurs ont poursuivi l’analyse des implications cliniques potentielles de cette technique par une étude observationnelle.

Dans 9 unités de soins intensifs de 6 pays européens, les patients admis avec une infection avérée ou présumée (septicémies, pneumonies ou autres) ont été inclus. Au total, sur 529 patients, 616 cas d’infections sanguines, 185 pneumonies, et 110 échantillons de fluides et de tissus (normalement) stériles sont analysés. Concernant les 616 échantillons de sang, une réaction par PCR/SM a identifié un agent pathogène dans 228 cas (37 %) contre 68 (11 %) pour les hémocultures classiques. La PCR/SM est négative dans 13 cas où les hémocultures classiques sont positives, et les deux tests sont négatifs dans 384 cas. Sur ces données, la sensibilité de la technique par PCR/SM est de 81 %, sa spécificité de 69 % et la valeur prédictive négative de 97 %. La distribution des organismes est concordante, quel que soit le test utilisé. Les valeurs diagnostiques de la PCR/SM sont similaires en cas de pneumonie et pour les autres infections.


Modification potentielle du traitement dans plus de la moitié des cas

Pour évaluer les conséquences cliniques des résultats de PCR/SM, chaque cas est évalué par un panel de trois experts cliniques indépendants. Ces cliniciens disposent des résumés de cas cliniques, des résultats bactériologiques standard et de PCR/SM et doivent répondre aux questions posées. La règle de la majorité prévaut, de telle sorte que deux des trois réponses pour un patient donné détermine l’attitude thérapeutique retenue pour ce patient (tableau 1). Pour les auteurs, la technologie par PCR/SM aurait permis de modifier jusqu’à 57 % des traitements.
Ainsi, grâce à cette nouvelle technique de réaction par PCR couplée à la spectométrie, l’identification précoce de la cause d’un sepsis sévère est rendue possible. Les implications sur les prescriptions d’antibiotiques chez les patients de réanimation sont potentiellement nombreuses.


Dr Béatrice Jourdain

Vincent J-L et coll. : Rapid Diagnosis of Infection in the Critically Ill, a Multicenter Study of Molecular Detection in Bloodstream Infections, Pneumonia, and Sterile Site Infections. Crit Care Med 2015; 43: 2 283- 2 291; (doi: 10.1097/CCM.0000000000001249).

© jim.fr


Tableau I : Conséquences thérapeutiques des résultats de la PCR/SM sur les choix des experts
Questions aux Experts   Votes   "oui"  Pourcentage
En fonction des résultats de la PCR/SM, auriez-vous choisi des antibiotiques à spectre plus étroit ? 66 15
En fonction des résultats de la PCR/SM, auriez-vous choisi des antibiotiques à spectre plus large ? 46 11
Les résultats de la PCR/SM, vous auraient-ils fait écourter la durée ou stopper un traitement antibiotique ? 49 11
Les résultats de la PCR/SM, vous auraient-ils fait débuter un traitement antibiotique ? 80 18
Auriez-vous modifié, institué ou stoppé un traitement antibiotique plus tôt ? 148 34