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Cholécystite aiguë : impact d’un protocole d’imagerie rapide sur le diagnostic

La cholécystite aiguë est une urgence diagnostique. La mise au point d’un protocole d’imagerie rapide performant est toujours d’actualité car un diagnostic rapide permet de réduire la morbidité et les complications péri-opératoires.

Les recommandations préconisent de combiner les données cliniques et biologiques à l’imagerie : l’échographie est la technique la plus utilisée, malgré des performances remises en question.

La scintigraphie hépatobiliaire (SHB) est considérée comme le gold standard, mais n’est pas accessible partout. Enfin, le scanner est intéressant, mais mal évalué dans la cholécystite aiguë.

L’objectif de cette étude était d’évaluer un protocole d’imagerie rapide chez des patients ayant une présomption de cholécystite aigue et de les comparer avec les résultats d’un protocole antérieur.
Il s’agit d’une étude de cohorte prospective évaluant deux techniques d’imagerie pour le diagnostic de cholécystite aiguë : la SHB et le scanner abdominal.

Entre janvier 2017 et janvier 2018, ont été inclus 52 patients ayant un score clinique et biologique ≥ 1, calculé à partir de ces critères : (1) leucocytose ≥ 10 000/mm3 (109/l) (1 point); (2) glycémie ≥ 140 mg/dl (1,5 points) ; (3) âge ≥ 50 ans (1 point).

Le groupe témoins est une cohorte historique de 117 patients pour lesquels le diagnostic reposait sur un protocole d’imagerie différé (après admission et non lors de celle-ci) combinant échographie et SHB.

Les critères de jugement étaient : Évaluer les performances de l’échographie, de la SHB, et du scanner abdominal; comparer les résultats et les indicateurs tels que délai de la chirurgie, durée du séjour, coûts…), évaluer les performances des protocoles d’imagerie «différée» et «rapide» et évaluer le score proposé par les auteurs pour le diagnostic de CA.

Résultats :

Les données histo-pathologiques compatibles avec le diagnostic de cholécystite aiguë ont été plus fréquentes dans le groupe témoin, soit 64 % versus 39 % (p=0,008).

La valeur prédictive positive de la SHB était de 85 % versus 94 % pour le scanner abdominal. Le protocole d’imagerie rapide a été associé à une réduction du délai avant intervention chirurgicale (p<0,001) et de la durée d’hospitalisation (p<0,001).

Il en a été de même pour les indications de laparotomie (15 dans le groupe témoin vs 0; p<0,001). Un score clinique et biologique maximal (3,5) a permis le diagnostic de cholécystite aiguë dans 95 % des cas (p<0,001).

Face à un tableau de cholécystite aiguë, le protocole d’imagerie rapide semble donner de bons résultats, a fortiori quand un score clinique et biologique simple est en faveur du diagnostic.

Le scanner abdominal serait la technique de choix quand le diagnostic est hautement probable car, outre sa VPP très élevée, il donne des indications sur la sévérité de la cholécystite ou de la lithiase biliaire.

Ces résultats méritent confirmation pour trois raisons : (1) comparaison à une cohorte historique; (2) prévalence élevée de la cholécystite aiguë dans le groupe témoin; (3) effectifs restreints avec des intervalles de confiance à 95 % non estimés.


Dr Philippe Tellier

Rodriguez LE et coll. The impact of a rapid imaging protocol in acute cholecystitisprospective cohort study. Int J Surg Case Rep 2018 ; 51 : 388-394.


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