www.agir-thrombose.fr
www.ambulatoire-sanofi.fr
www.ams.sanofi.fr
www.antibio-responsable.fr
www.aucoeurducholesterol.fr
www.contreladouleur.fr
www.diabplus-equilibre.fr
www.diabeteanalytics.fr
www.diabete-emotions.fr
www.gaucherfrance.fr
prevenirlesadherences.com
www.retrouverlemouvement.fr
www.sanofi-arthrose.fr
www.sanofi-diabete.fr
www.sep-ensemble.fr
www.thromboseval.fr
nosmedicaments.sanofi.fr
www.labsante.sanofi.fr
www.lesvictoiresduprive.fr
www.sanofi.fr
www.sanofigenzyme.fr
Taille des textes

Bactériémie à Staphylocoque doré : pronostic amélioré par une consolidation d’infectiologie

La mortalité et la morbidité liées aux bactériémies à Staphylococcus aureus (BSA) reste très élevée. Afin de savoir si la consultation d’un infectiologue apporte des bénéfices, en termes de prise en charge et d’évolution, une équipe de l’hôpital universitaire de Iéna, en Allemagne, a effectué une recherche dans la littérature. Parmi les 2 874 articles initialement recueillis, seuls 18 remplissaient leurs critères d’inclusion, comptabilisant 5 337 patients. Globalement, la mortalité à 30 jours était de 19,95 % (IC95 % :14,37-27,02), mais avec une différence significative en faveur du groupe ayant bénéficié d’une consultation d’infectiologie puisque, dans ce cas, la mortalité était abaissée à 12,39 % contre 26,07 % pour les autres patients, soit un risque relatif de 0,53 (IC95 % :0,43-0,65). La mortalité à 3 mois et le risque de récidive de BSA étaient également réduits de façon significative avec, respectivement, des risques relatifs de 0,77 (IC95 % :0,64-0,92) et de 0,62 (IC95 % :0,39-0,99). Plus précisément, c’est l’adéquation du traitement anti-staphylococcique et la durée du traitement antibiotique qui étaient améliorées en cas de consultation avec un spécialiste : RR=1,14 (IC95 % :1,08-1,20) et 1,85 (IC95 % :1,39-2,46). De plus, la réalisation d’hémocultures au cours du suivi ainsi que d’échocardiographies, guidant la recherche de localisations septiques éventuelles, d’une part, et d’une endocardite, d’autre part, complications typiques des BSA, était plus fréquente après l’intervention d’un infectiologue : respectivement, RR=1,35 (IC95 % :1,25-1,46) et 1,98 (IC95 % :1,66-2,37).

A première vue, ces données sont donc plutôt rassurantes, puisqu’elles montrent que l’expertise des infectiologues est utile ! Et plutôt très utile en cas de BSA, car les chiffres obtenus correspondent à une réduction de la mortalité à 30 jours de plus de 50 %, et à 90 jours de près de 30 %. Néanmoins, cette interprétation optimiste est malheureusement à faire « avec des pincettes », dans la mesure où de nombreux bémols sont listés par les auteurs : beaucoup de travaux exclus et d’études de faible qualité, biais de publication, décomptes insuffisants de la mortalité précoce, type de consultation, qualification des infectiologues, bénéfices non liés directement à la consultation, études rétrospective, biais de consultation (malades plus gravement atteints), définition de l’évolution et du traitement variables, etc.

D’où la conclusion mise au conditionnel de M. Vogel et coll : l’intervention d’un infectiologue pourrait améliorer l’évolution des patients ayant une bactériémie à Staphylococcus aureus… dans l’attente de la mise en place d’une grande étude randomisée contrôlée et multicentrique bien difficile à imaginer et à réaliser.


Dr Patricia Thelliez

Vogel M et coll. Infectious disease consultation for Staphylococcus aureus bacteremia - A systematic review and meta-analysis. J Infect. 2015. pii: S0163-4453(15)00315-1. http://dx.doi: 10.1016/j.jinf.2015.09.037.

© jim.fr