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Pourquoi une grande majorité de soignants souffrant de symptômes infectieux ne sont-ils pas en arrêt de travail ?

Beaucoup de professionnels de santé souffrant d’une maladie aiguë telle qu’une rhinopharyngite, une grippe ou une gastroentérite, ne se mettent pas en arrêt de travail. Ils constituent alors pour leurs patients, notamment les plus fragiles (nouveau-nés, immunodéprimés, etc.), une source d’infections liées aux soins. Une enquête transversale par questionnaire, menée dans un hôpital d’enfants de Philadelphie (USA), précise la fréquence de ce comportement à risque et explore ses motivations 1.

Le questionnaire comportait 21 items, dont deux questions ouvertes (réponse par un texte libre). Il a été adressé par mail en mars 2014 à tous les médecins traitants et auxiliaires médicaux de l’hôpital.

Il y a eu 58 % de réponses (n=538/939), à peu près autant chez les médecins (n=280/459) que chez les auxiliaires médicaux (n=256/470).

Environ quatre soignants sur 5 (83,1 %) ont déclaré être venus travailler bien que malades au moins une fois au cours de l’année écoulée et, un sur 10 (9,3 %), cinq fois ou plus.

Des médecins, et moins fréquemment des auxiliaires médicaux, étaient disposés à travailler avec de la toux et une rhinorrhée (en tout 75 %), des symptômes respiratoires à début aigu (55 %), de la diarrhée (30 %), de la fièvre (16 %)… et même des vomissements (5 %).

Pourtant, 95,3 % des soignants étaient conscients du risque de contaminer leurs patients.

Les raisons pour continuer à travailler étaient par ordre de fréquence décroissant : « ne pas laisser tomber les collègues » (98,7 %), le manque de personnel (94,9 %), « ne pas laisser tomber les patients » (92,5 %), la crainte d’être mis à l’écart par les collègues (64,0 %), plus exprimée par les auxiliaires médicaux, le souci de la continuité des soins (63,8 %), plus exprimé par les médecins traitants.

Une analyse qualitative des réponses aux questions ouvertes a isolé trois sortes de facteurs poussant à continuer à travailler malgré une maladie aiguë : des problèmes logistiques : l’absence d’un système de remplacement des arrêts maladie, l’extrême difficulté à trouver un remplaçant, le manque de flexibilité du système dû à l’objectif de productivité ; des normes socioculturelles : l’usage de ne pas s’arrêter sauf pour les symptômes les plus sévères, le désir très fort de ne pas surcharger les collègues, un sentiment de culpabilité à demander aux autres de travailler à sa place ; une ambiguïté sur les symptômes et les risques : il y a des degrés dans les symptômes, et la limite justifiant un arrêt de travail n’est pas toujours nette ; il n’est pas concevable de s’arrêter de travailler pour tous les symptômes infectieux.

Pour les auteurs, les résultats de l’enquête pourraient inspirer la conception de systèmes permettant aux professionnels de santé malades de protéger leurs patients et leurs collègues tout en se soignant eux-mêmes. En cas de virose respiratoire, un changement de poste temporaire, le télétravail, le port d’un masque sont des alternatives à l’arrêt de travail.

Les éditorialistes sont plus tranchants2. Travailler avec une maladie infectieuse aiguë est contraire à un grand principe de la médecine : « primum non nocere ». Un changement culturel est nécessaire pour diminuer la stigmatisation de l’absentéisme pour maladie. Les professionnels de santé « ont besoin d’un système d’arrêts de travail plus juste ».


Dr Jean-Marc Retbi

1. Szymczak JE et coll.: Reasons why physicians and advanced practice clinicians work while sick: a mixed-methods analysis. JAMA Pediatr.
2. Starke JR et Jackson MA: When the health care worker is sick: primum non nocere. JAMA Pediatr.

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